À l’approche du 7 février : pour un consensus national autour du maintien d’Alix Didier Fils-Aimé à la tête d’un gouvernement d’union nationale
À l’approche du 7 février, date symbolique marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Haïti se trouve, une fois encore, à la croisée des chemins. Dans un pays meurtri par l’insécurité, fragilisé par des crises politiques récurrentes et épuisé socialement, l’enjeu n’est plus de savoir qui gagne ou qui perd un bras de fer politique, mais comment sauver l’essentiel : la nation elle-même.
Dans ce contexte exceptionnel, la classe politique et la société civile haïtienne gagneraient à faire preuve de maturité historique en trouvant un large consensus autour du maintien d’Alix Didier Fils-Aimé, dans le cadre d’un véritable gouvernement d’union nationale, capable d’affronter les défis majeurs de la transition.
Haïti traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. L’effondrement sécuritaire, l’asphyxie économique et la fracture sociale ont profondément altéré la confiance des citoyens envers les institutions publiques. Chaque transition mal négociée, chaque rupture brutale dans la gouvernance, ne fait qu’aggraver cette spirale de chaos.
À l’approche de la fin du mandat du CPT, une transition improvisée ou conflictuelle risquerait d’ouvrir un vide politique dangereux, dont les groupes armés et les forces anti-démocratiques seraient les premiers bénéficiaires.
La sécurité constitue aujourd’hui la condition sine qua non de toute solution durable. Sans sécurité, il ne peut y avoir ni élections crédibles, ni activité économique normale, ni apaisement social.
Le maintien d’Alix Didier Fils-Aimé offrirait une continuité minimale de l’action gouvernementale, indispensable pour éviter un effondrement total de l’appareil sécuritaire. Dans un pays où chaque rupture institutionnelle a souvent rimé avec escalade de la violence, la stabilité relative devient un choix stratégique, non idéologique.
Un gouvernement d’union nationale, élargi et inclusif, permettrait de mutualiser les efforts, de réduire les tensions politiques inutiles et de concentrer l’énergie collective sur la reconquête du territoire et la protection des populations.
Les élections ne sont pas un simple rituel constitutionnel ; elles sont un acte de souveraineté populaire. Mais des élections organisées dans le chaos, sous la menace des armes et dans un climat de défiance généralisée, seraient vouées à l’échec.
Un consensus autour du maintien d’Alix Didier Fils-Aimé permettrait de créer un cadre politique plus lisible, apaisé et fonctionnel, propice à la mise en place d’un processus électoral crédible. La continuité institutionnelle est ici un gage de sérieux et de responsabilité, tant vis-à-vis du peuple haïtien que de la communauté internationale.
La société haïtienne est profondément fracturée. Méfiance envers les élites, sentiment d’abandon, colère populaire : ces réalités ne peuvent être ignorées. Un gouvernement d’union nationale, fondé sur le dialogue et le compromis, enverrait un signal fort : celui d’une classe dirigeante capable de dépasser ses intérêts partisans au nom de l’intérêt général.
Le maintien d’Alix Didier Fils-Aimé, dans une logique inclusive et concertée, pourrait servir de pont entre les différentes forces politiques et sociales, favorisant un climat d’apaisement indispensable à toute reconstruction nationale.
Il ne s’agit pas de sacraliser un homme, ni de figer indéfiniment la transition. Il s’agit de faire un choix pragmatique, dicté par la gravité de la situation. Dans les moments critiques de l’histoire, les nations se construisent ou se brisent selon la capacité de leurs élites à privilégier le consensus sur la confrontation.
À l’approche du 7 février, la classe politique et la société civile haïtienne ont l’opportunité de poser un acte fort : s’unir autour d’un gouvernement d’union nationale, stable et responsable, capable de conduire le pays vers la sécurité, les élections et la paix sociale.
Haïti n’a plus le luxe des divisions stériles. L’heure est à la lucidité, au courage politique et au sens de l’État.




































