Accès à l’eau potable en Haïti : Théophil Ostinvil face aux attentes d’une population toujours privée de ce service essentiel
En Haïti, accéder à l’eau potable reste un véritable défi pour une grande partie de la population. Dans plusieurs quartiers populaires, communes et zones reculées, des familles continuent de vivre sans approvisionnement régulier en eau, alors que cette ressource constitue un besoin fondamental. Cette situation soulève des interrogations sur les résultats des interventions de la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA), dirigée par l’ingénieur Théophil Ostinvil.
Pour les ménages les plus vulnérables, l’absence d’un accès fiable à l’eau potable représente une difficulté quotidienne. Certains doivent parcourir de longues distances pour s’approvisionner, tandis que d’autres sont contraints d’acheter de l’eau à des prix parfois incompatibles avec leurs faibles revenus. Boire, cuisiner, se laver et maintenir des conditions minimales d’hygiène deviennent ainsi des préoccupations permanentes pour des familles déjà confrontées à de multiples difficultés économiques et sociales.
Cette réalité contraste avec les annonces de projets hydrauliques régulièrement mises en avant par l’institution. Le récent lancement des travaux de réhabilitation du système d’adduction d’eau potable de Bainet, dans le département du Sud-Est, en est une nouvelle illustration. Financé par la Banque mondiale, le projet ambitionne de desservir plus de 10 000 habitants sur une période d’exécution de 15 mois.
Si cette initiative représente une perspective intéressante pour la population concernée, elle ne doit pas faire oublier l’ampleur du problème à l’échelle nationale. Combien de communautés restent encore privées d’un réseau d’approvisionnement fonctionnel ? Combien de familles n’ont toujours pas accès à une eau potable de qualité à proximité de leur domicile ? Et surtout, quels résultats concrets la DINEPA peut-elle présenter pour démontrer une amélioration des conditions d’accès à cette ressource essentielle ?
Ces questions interpellent directement le directeur général Théophil Ostinvil. À la tête d’une institution dont la mission touche directement aux conditions de vie et à la santé de la population, il est attendu sur sa capacité à transformer les projets annoncés en services réellement accessibles. Les cérémonies de lancement, les partenariats financiers et les engagements institutionnels ne peuvent constituer les seuls indicateurs de performance d’une administration chargée d’un secteur aussi vital.
La situation des populations défavorisées mérite une attention particulière. L’accès à l’eau potable ne devrait pas être déterminé par le niveau de revenu, le lieu de résidence ou la capacité d’une famille à acheter quotidiennement cette ressource. Les quartiers populaires et les communautés rurales doivent également bénéficier d’infrastructures fonctionnelles et d’un service de distribution régulier.
Au-delà du projet de Bainet, la direction générale de la DINEPA doit pouvoir présenter un bilan précis de ses interventions, notamment sur le nombre de systèmes effectivement opérationnels, les zones desservies, les populations bénéficiaires et les mesures prises pour garantir la continuité du service. La transparence sur ces résultats est indispensable pour apprécier les progrès accomplis et identifier les insuffisances qui persistent.
L’urgence est d’autant plus grande que le manque d’eau potable dépasse la simple question du confort. Il expose les familles à des risques sanitaires, compromet les conditions d’hygiène et accentue les inégalités sociales. Pour les personnes disposant de ressources limitées, cette privation constitue une charge supplémentaire qu’elles ne devraient pas avoir à supporter.
Théophil Ostinvil est donc attendu sur des réponses concrètes à cette urgence. La population haïtienne n’a pas seulement besoin d’annonces de réhabilitation et de nouveaux projets : elle a besoin de systèmes d’approvisionnement qui fonctionnent, de points de distribution accessibles et d’une eau potable disponible à un coût supportable.
Tant que des milliers de familles continueront à se demander où trouver de l’eau pour répondre à leurs besoins les plus élémentaires, la question des résultats de la DINEPA restera entière. L’accès à l’eau potable n’est pas un privilège, mais un droit fondamental et une responsabilité majeure du service public.
La rédaction






































